où les chasseurs sont devenus gardiens
À Caniçal, la pointe la plus orientale de Madère, les baleinières ne sortent plus en mer. Mais ce qui est resté à terre en dit long sur qui a vécu ici et ce qu'ils ont fait pour survivre. Deux postes de guet ont été construits aux extrémités de l'île dans les années 40, les baleiniers sont arrivés des Açores, et le 2 février 1941 le premier cachalot a été tué au large de Porto Moniz. Cette date marque le début d'une industrie qui a duré des décennies et s'est terminée sans grande cérémonie.
Le Museu da Baleia da Madeira organise tout cela dans plus de mille mètres carrés d'exposition permanente divisée en deux salles aux logiques opposées : l'une regarde en arrière, l'autre plonge dans le présent. Dans la salle de la chasse, tu trouves deux baleinières originales, une mosaïque faite de 84 photographies de baleiniers réels, et la reconstitution de toute la chaîne, du réseau de guetteurs à l'usine de transformation, le fameux Traiol. Dans la salle des cétacés, des modèles grandeur nature et des films 3D montrent ce qui nage encore dans ces eaux, désormais sans le moindre harpon en vue.
Ce qui rend ce musée spécifique, ce n'est pas le thème en soi, ce sont les mers de Madère comme cadre concret. La recherche scientifique qui s'y fait sur les cétacés porte sur ces animaux, dans ces eaux, et non sur une collection générique. La transition d'une communauté qui chassait à une qui aujourd'hui étudie et conserve est documentée avec assez de rigueur pour comprendre que ce ne fut pas un virage romantique, ce fut une nécessité.
ce que tu vas trouver
- deux baleinières originales en exposition
- des films 3D stéréoscopiques sur les cétacés
- une mosaïque photographique avec des portraits de baleiniers de Caniçal
- une bibliothèque publique intégrée au musée



